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Dossier
Forte de près de six millions de salariés, la fonction publique est le premier employeur de France… et devrait le rester. Elle se doit en effet de faire face au "papy boom" qui affectera fortement ses effectifs dans les cinq prochaines années. Et même si l’État souhaite diminuer le nombre de ses serviteurs, au moins 500 000 postes seront à pourvoir!
Jean-Christophe Poirot | Super-RH | Publié le 25/08/2009
Prenez vos repères
"Je travaille dans l'administration." C'est ainsi que la plupart des fonctionnaires définissent leur activité professionnelle. Derrière cette formule imprécise se cachent trois grands secteurs:
• la fonction publique d'État (les ministères, rectorats, perceptions, préfectures...), qui regroupe 52 % des emplois;
• la fonction publique territoriale (les régions, départements, communes, offices HLM...), qui occupe 30 % des fonctionnaires;
• la fonction publique hospitalière (hôpitaux, foyers d'accueil pour enfants ou personnes âgées...), qui rassemble 18 % des salariés du public.
Chacune de ces branches compte une multitude de postes et de métiers. Trouver celui qui vous correspond implique que vous maîtrisiez certains codes. Les emplois sont répartis en "filières" (culturelle, sociale, technique...). Les métiers sont également classés en "corps" ou "cadres d'emploi", suivant le niveau de recrutement et de responsabilité:
• la catégorie A (niveau bac +3 minimum) regroupe les fonctions de conception et de direction;
• la catégorie B (niveau bac), les missions d'application;
• la catégorie C (niveau brevet ou CAP), les postes d'exécution.
Pensez métiers et fonctions
Si les fonctions susceptibles de vous convenir relèvent des trois secteurs de l'administration, leurs intitulés diffèrent fréquemment des dénominations qui sont en vigueur dans le monde de l'entreprise. Pour vous orienter, fiez-vous donc aux fiches métiers. Établies pour chaque concours, elles précisent les missions exercées métier par métier. En ce qui concerne la fonction publique territoriale, consultez également Le Répertoire des métiers et ses 280 entrées. Veillez à interroger des fonctionnaires de votre entourage, afin de mieux vous informer des réalités du métier envisagé: niveau de responsabilité, degré de compétence requis, etc.
Evaluez vos chances
Le concours reste incontestablement le mode d'intégration privilégié dans la fonction publique avec 63 % des recrutements. Il constitue également le moyen le plus sûr d'accéder à la titularisation, soit la certitude d'un emploi à vie. Le choix de présenter un concours de catégorie A, B ou C est subordonné à votre niveau de diplôme (les mères de trois enfants sont exemptées de cette condition). Pour autant, votre culture scolaire ne vous garantit pas de réussir. La plupart des concours comportent en effet des matières que vous n'avez pas nécessairement étudiées durant votre cursus (droit public, finances publiques, droit de la famille, etc.) et nécessitent l'assimilation de méthodologies spécifiques.
En outre, selon le principe même de ce type d'épreuve, le nombre de lauréats est limité: on compte en moyenne quinze candidats - souvent surdiplômés - par poste dans la fonction publique d'État et huit dans la fonction publique territoriale. Ne vous découragez pas pour autant, mais orientez votre préparation en toute connaissance de cause. Les notices de concours vous apporteront des précisions sur la nature des épreuves (dissertation, QCM, question de cours...), les options, les coefficients, etc. Vous évaluerez ainsi le volume de travail nécessaire à l'apprentissage des savoirs requis. Informez-vous également sur le nombre de places offertes et les taux de réussite. Vous élargirez alors peut-être votre perspective à des concours moins prisés mais plus abordables.
Soyez mobile
La réussite à un concours n'implique pas toujours le choix géographique de l'affectation. Mieux vaut le savoir.
• Si vous vous inscrivez à un concours de la fonction publique d'État ou de la fonction publique hospitalière, vérifiez son échelon de recrutement (national, régional, départemental, local).
• S'il est organisé à l'échelle nationale, les admis sont affectés en fonction de leur rang de classement et des postes vacants. Plus vous approcherez la tête du classement plus vos chances d'obtenir l'affectation demandée seront élevées.
• Dans le cadre de la fonction territoriale, les lauréats sont inscrits sur une liste d'aptitude établie à l'échelon national; il leur appartient ensuite de trouver eux-mêmes un poste dans une collectivité locale, quitte à changer de région.
Entraînez-vous
Vous pouvez vous entraîner seul aux épreuves en vous appuyant sur les nombreux ouvrages spécialisés et sur les annales. Néanmoins, vous gagnerez à recourir à un organisme de préparation par correspondance. C'est l'assurance d'un travail régulier, conforme aux attentes du jury, et d'une simulation régulière d'épreuves écrites.
• Les épreuves d'admissibilité portent sur des matières spécialisées (droit des collectivités locales, finances publiques...) et générales (culture générale, français, mathématiques...). Ne sous-estimez ni les unes ni les autres, pas plus que leur méthodologie (dissertation, note de synthèse, note administrative, etc.).
• Préparez-vous également aux épreuves d'admission. Elles se déroulent presque toujours à l'oral. Or, s'exprimer en public ne s'improvise pas. N'hésitez pas à assister aux oraux de la session précédente (elles sont ouvertes au public) afin de mesurer les exigences du jury. Le jour venu, vous vous sentirez davantage en terrain connu.
• Enfin, procurez-vous les rapports de jury, rédigés à l'issue des concours. Ils vous dispenseront de précieux conseils sur la manière de traiter les sujets et d'éviter les erreurs courantes.
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