Parce qu'il s'agit d'une étape capitale de votre réussite, vous savez anticiper votre entrevue avec le responsable des embauches: enquête approfondie sur l'entreprise, le métier exercé et le poste à pourvoir; tenue adaptée aux circonstances et usages internes, etc. Vous avez pensé à tout, même à la réponse à donner à la fameuse question: "Quels sont vos qualités et vos défauts?" (Je suis rigoureux, consciencieux, j'aime communiquer. Je suis parfois bavard, mais je sais m'arrêter et je déteste les indiscrétions...). C'est un très bon début! Découvrez à présent comment surmonter les interrogations à fort pouvoir déstabilisateur.
"Parlez-moi de vous"
Anodine en apparence, c'est une question piège par excellence! Votre réponse en dira plus long sur vous que vous ne le pensez... La technique la plus simple consiste, dans ce cas, à suivre le plan de votre CV, en ponctuant d'une phrase ses différents paliers. Selon les termes employés, vous dévoilerez votre profil dominant: travailleur acharné, ambitieux, perfectionniste, autonome ou exécutant, mais également votre esprit de synthèse ou vos pensées brouillonnes. Le style de votre discours trahit de plus votre niveau de culture générale. Enfin, votre attitude générale met à nu votre dynamisme, votre timidité ou votre agressivité potentielle.
Notre conseil: évitez de vous appesantir sur votre vie privée, même si on vous y invite. Tout excès en la matière pourrait laisser croire que le bien-être des vôtres est une priorité absolue!
"Pourquoi avez-vous répondu à notre offre?"
Résistez à l'envie de fanfaronner: "Parce que je cherche du travail!" Même si le recruteur esquisse un sourire, il sera déçu. En revanche, évoquez votre attirance pour le secteur d'activité de l'entreprise: "J'ai toujours exercé dans cette branche et je m'y sens bien". S'il s'agit d'une première approche, reliez cette attirance à un constat personnel: "Au lycée, j'excellais en droit" ; "votre activité s'accorde avec mes hobbies".
Notre conseil: préparez des arguments pour étayer votre affirmation. Il serait contre-productif d'annoncer: "Je suis très attiré par votre métier", et ne pas savoir répondre à la question: "Pourquoi?"
"Pourquoi êtes-vous resté sans emploi si longtemps?"
Vous êtes acculé par des faits difficiles à admettre: "Je n'ai pas trop cherché" ou "je me suis fait évincer des dizaines de fois"? Offrez au recruteur une vérité politiquement correcte: "Après m'être lancé sans succès dans des recherches tous azimuts, j'ai découvert mes points faibles et les ai attaqués de front pour les dépasser".
Notre conseil: citez les démarches engagées (formation au multimédia, préparation du permis de conduire, stage de théâtre pour dominer votre timidité. Et pourquoi pas, régime alimentaire pour retrouver un look d'enfer!)
"Pourquoi voulez-vous changer d'entreprise?"
Inconsciemment, le recruteur apparente votre choix à une certaine lassitude vis-à-vis du métier ou au résultat de mésententes. À vous de le rassurer! Idéalement, expliquez votre besoin d'évoluer, de rencontrer d'autres situations professionnelles. Comme la Validation des acquis de l'expérience est très prisée, vous pouvez ajouter: "J'envisage de préparer une VAE et il me manque des champs de compétences pour asseoir mon dossier".
Notre conseil: dynamisez votre discours et communiquez votre enthousiasme. Si le descriptif du poste est similaire au vôtre, axez votre argumentaire autour de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité, etc.
"Quelles étaient vos responsabilités?"
Deux erreurs courantes sont à éviter: déclarer que vous teniez votre entreprise à bout de bras d'une part, minimiser votre rôle d'autre part. Dans le premier cas, le recruteur pourrait déceler dans votre discours une pointe de vantardise ("J'étais indispensable, je m'occupais de tout"). Dans le second, il doutera de votre degré d'implication dans votre travail. Pour viser juste, évoquez en priorités les missions où votre responsabilité allait de soi et dans lesquelles vous avez su prendre des initiatives.
Notre conseil: donnez des preuves de ce que vous avancez ("Lorsque j'ai pris en mains les relances des factures, l'encours clients était de 97 jours. En six mois, il est descendu à 47 jours".)
"N'avez-vous pas trop d'expérience pour ce poste?"
La majorité des entreprises se plaint du manque de pratique des candidats et votre vis-à-vis vous reproche l'inverse? Surtout gardez votre sang-froid, et rétorquez en souriant: "Oui, bien sûr. Mais êtes-vous certain de préférer engager un débutant? Certes, son tarif horaire sera plus faible que le mien, mais je vous offre en échange un savoir-faire maîtrisé, une moindre exposition aux risques d'erreur, une expérience des clients de huit années..."
Notre conseil: élargissez la conversation aux perspectives d'avenir au sein de l'entreprise. Si cette hypothèse est exclue, justifiez votre choix par d'autres arguments: "J'aime les contacts humains, etc."
"Quelle rémunération escomptez-vous?"
Attention! L'initiative doit venir de l'employeur. Répondez alors avec tact: "La fourchette de salaire de la profession se situe entre 1800 € et 2500 € bruts. Quel salaire avez-vous budgété?" Si le montant avoisine ou dépasse vos espérances, répétez-le lentement puis attendez la réaction de votre recruteur. S'il a tenté de le sous-estimer, il réévaluera le chiffre à la hausse. Si ce dernier est en dessous de vos ambitions, annoncez vos prétentions d'une voix calme, sans oublier d'avancer vos arguments: expérience, degré d'autonomie, etc. Mais restez ouvert et écoutez ses explications. Souvent, elles en diront long sur le poste.
Notre conseil: en cas de discorde, laissez à votre interlocuteur le souvenir d'une personne qui connaît sa valeur, mais accepte le dialogue. Pour ce faire, invitez-le à "négocier".
"Que vous inspirent les 35 heures?"
Sous ses abords socio-politico-philosophiques, cette question sous-entend la suivante: "Êtes-vous dans les starting-blocks tous les jours à heure fixe?" Ainsi, entrer dans le débat "pour ou contre" les 35 heures serait une grave erreur ; vous risqueriez d'ouvrir la brèche à un conflit d'opinion. Afin de mettre en valeur votre esprit d'ouverture, exprimez ce qu'il souhaite entendre: "Pour moi, la durée du travail devrait s'adapter aux besoins de l'entreprise et non l'inverse. Cependant, les efforts consentis doivent résulter d'un partenariat de confiance".
Notre conseil: accepter l'idée de devoir travailler plus est louable. Cependant, ne vendez pas vos anciennes "mauvaises habitudes" ("J'ai toujours multiplié les heures supplémentaires sans rien obtenir en retour"): vous donneriez l'image d'une personne qui n'ose pas s'imposer.
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