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© Istockphoto.com/Jacob Wackerhausen

Et si vous optiez pour l’apprentissage?

L’apprentissage a la cote: sa diffusion dans l’enseignement supérieur progresse de 12% en moyenne par an depuis 10 ans. Cette formule attractive séduit les étudiants qui y voient un bon moyen de se faire une première expérience professionnelle tout en approfondissant la théorie. Chiffres et témoignages.

Anne Dupond | Super-RH | Publié le 14/05/2009

Ceux qui associent toujours les filières d'apprentissage aux BEP et CAP techniques souvent proposés aux jeunes garçons en échec scolaire ont raté le train de l'apprentissage post-baccalauréat! Grâce à la loi Séguin du 23 juillet 1987, cette formule est depuis plus de 20 ans ouverte à tous les niveaux de formation. Et si le profil traditionnel basé sur la préparation du CAP reste dominant, il cohabite désormais avec un public davantage diplômé et féminisé, s'ouvrant largement sur les spécialités de services (gestion, finance).

 

Un meilleur taux de placement en entreprise à l'issue des études

Dans les faits, la diffusion de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur a débuté au milieu des années 90. Depuis 10 ans, les effectifs d'apprentis post-baccalauréat ont progressé de 12% par an1, contre 1,3% par an dans les niveaux IV (baccalauréat, brevet professionnel ou équivalent) et V (CAP, BEP ou équivalent). Mieux: entre 2003 et 2006, les effectifs ont augmenté de 30% aux niveaux II (bac + 3, bac + 4) et de plus de 60% au niveau I (bac + 5, grandes écoles). Ainsi, en 2006, près d'un apprenti sur cinq préparait un diplôme de l'enseignement supérieur.

 

Des chiffres confirmés sur le terrain. "En cinq ans, le nombre d'apprentis a été multiplié par trois. En dix ans, par cinq!", témoigne ainsi Fabrice Caudron, maître de conférences et coresponsable du M2 MSG Métiers des ressources humaines à l'IAE (Institut d'administration des entreprises) de Lille. Cet établissement, l'un des pionniers pour la préparation de diplômes de haut niveau en gestion et en management via l'apprentissage, a développé depuis une quinzaine d'années une offre riche. Pour cet enseignant, les bénéfices de cette formule sont évidents: "Le taux de placement des étudiants en apprentissage en entreprise à l'issue de leurs études est plus important que pour les étudiants en formation initiale, à formation équivalente", plaide-t-il.

 

Entre 25% et 78% du SMIC

Autre avantage, souvent mis en avant par les étudiants: la rémunération. En effet, un apprenti perçoit entre 25 et 78% du SMIC en fonction de son âge et de son ancienneté (voir encadré). "J'ai souhaité intégrer une licence en alternance afin de cesser de jongler entre mon emploi du temps universitaire et mon contrat étudiant de 20 heures en tant que conseillère en clientèle. Cet emploi n'était alors qu'un moyen de financer mes études et il ne correspondait pas du tout avec mes aspirations professionnelles", décrit Emilie Fassi, étudiante en Master II Administration économie et social option gestion des ressources humaines à l'université de Nice.

 

Et les inconvénients de l'apprentissage? Le rythme soutenu de travail est invoqué systématiquement par les enseignants et leurs élèves. "Les étudiants doivent supporter trois années en une: ils préparent un diplôme national, travaillent en entreprise et doivent rédiger un mémoire de fin d'études. Le rythme est très chargé mais très peu d'étudiants abandonnent en cours d'année. La pédagogie proposée est adaptée avec des cours en petits groupes, les abandons sont exceptionnels", estime Armelle Edery, chargée du département alternance pour la faculté de droit, sciences politiques, économiques et de gestion de Nice.

 

L'apprentissage "est rentré dans les mentalités"

Par ailleurs, les spécialités ne cessent de se diversifier dans l'enseignement supérieur, sortant du cadre autrefois presque exclusif de la production (qui attire toujours 61% des apprentis). Comptabilité, assistanat, ressources humaines, management: l'enseignement supérieur offre des perspectives variés, alors que la gestion et la finance se disputent les premières places.

 

Du côté des entreprises, la formule est désormais bien acceptée, même si une approche didactique est encore parfois nécessaire: "A une époque, il était nécessaire d'expliquer aux employeurs que, oui, l'apprentissage existe dans le supérieur. Aujourd'hui, c'est rentré dans les mentalités", analyse Armelle Edery. "Mes recherches pour trouver une entreprise ont été longues et difficiles car, quand je suis entré en licence, le contrat d'apprentissage n'était pas encore "intégré" dans beaucoup d'entreprises; c'est pourquoi j'ai eu beaucoup de refus. J'ai trouvé une entreprise un mois avant le début de la licence et après avoir postulé auprès d'une centaine d'entreprises", ajoute un de ses étudiants. Malgré tout, cette formule, exonérée de charges pour l'employeur, séduit de plus en plus d'entreprises. Certaines, comme EDF ou certaines enseignes de la grande distribution (comme Atac), en font même un de leurs principaux moyens de recrutement. De quoi augurer encore de belles perspectives pour les années à venir pour les formations en apprentissage.

 

(1) Les chiffres communiqués dans cet article sont issus d'une note d'information publiée en décembre dernier par le ministère de l'Education nationale.

 


Quelle rémunération pour l’apprenti?

Moins de 18 ans De 18 à moins de 21 ans 21 ans et plus
1ere année 25% du SMIC 41% du SMIC 53% du SMIC ou du minimum conventionnel
2ème année 37% du SMIC 49% du SMIC 61% du SMIC ou du minimum conventionnel
3ème année 53% du SMIC 65% du SMIC 78% du SMIC ou du minimum conventionnel

 

Contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation?

Souvent confondus, les contrats d'apprentissage et de professionnalisation se distinguent par le diplôme délivré et la durée de la formation. Tout en apprenant un métier au sein d'une entreprise, l'apprenti suit des études sanctionnées par un diplôme de l'Education nationale. L'étudiant engagé dans un contrat de professionnalisation permet d'obtenir un Certificat de Qualification Professionnelle, un titre homologué ou un diplôme validé par la branche professionnelle concernée. Il s'agit d'une période de perfectionnement. Ces deux types de contrats n'exigent donc pas le même temps de formation: quand le premier peut durer de 12 à 36 mois, le second ne s'étend que de 6 à 12 mois.

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