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Quel est l’impact de la crise sur l’emploi des femmes? L’OFCE, le centre de recherche en économie de Science Po, vient de publier les résultats d’une enquête intitulée "Une crise peut en cacher une autre". Selon cette étude, les femmes, moins touchées que les hommes au début de la crise, connaissent aujourd’hui une situation professionnelle difficile alors que les contrats précaires à durée déterminée se multiplient.
Anne Dupond | Super-RH | Publié le 12/04/2010
A la fin de l'année 2008, la France a connu une situation assez inédite: au mois de novembre, le nombre d'hommes chômeurs a dépassé celui des femmes en recherche d'emploi! Le chômage des femmes avait alors augmenté de 19,7% contre 42,5% pour les hommes en comparaison avec leurs points bas respectifs. En cause? "Tout se passe comme si la récession avait d'abord conduit à des licenciements massifs, concernant tout particulièrement les hommes dans l'industrie", analyse l'économiste Françoise Milewski, auteure de l'étude publiée par l'OFCE. Ainsi, les hommes travaillant massivement dans l'industrie ont été les premiers touchés. Les femmes, plus nombreuses dans le tertiaire, auraient été plus préservées en 2008.
La précarité s'accentue
Mais depuis le début de l'année 2009, la tendance s'est harmonisée voire même inversée depuis le second semestre 2009 (+3,8% pour les femmes contre +3,2% pour les hommes). Selon l'Insee, au troisième trimestre 2009, les chômeurs (1,292 million en seule métropole) étaient toujours plus nombreux que les chômeuses (1,291 million). Mais la situation des femmes n'est pas plus enviable pour autant. Également touché depuis le début de l'année 2009, l'emploi dans le tertiaire (hors intérim) se dégrade et a accusé une baisse de 1,3% en un an. 143 200 emplois ont été détruits dans ce secteur sur la même période.
"Pour les femmes, le ralentissement du nombre d'emplois s'accompagne aussi et surtout par un ajustement de la durée du travail. Ce développement du sous-emploi est lourd de conséquences car il accroît à la fois le chômage et la précarité (...). Les embauches se font majoritairement en CDD (pour les femmes encore plus que pour les hommes) et les parcours alternent emploi et chômage. [La précarité] se manifeste aussi, et de plus en plus, par un sous-emploi durable fait de temps partiel imposé et accepté faute de mieux, d'emplois non qualifiés qui se développent dans les services. (...) Même si le nombre de chômeuses de plus d'un an est un peu plus faible que celui des chômeurs (car les femmes acceptent plus souvent des petits boulots), la dégradation de 2009 va peser, tout particulièrement en fin de droits", détaille Françoise Milewski.
Et demain?
Peut-on espérer une relance rapide de l'emploi? Les dernières prévisions d'embauche n'incitent guère à l'optimisme. Si les intentions d'embauche ont remonté à la fin de l'année 2009, elles restaient encore très inférieures à leur niveau du début de 2008. Et les entreprises, échaudées par un an et demi de crise, favorisent pour l'instant les contrats précaires et de courte durée. Au quatrième trimestre 2009, sur 100 intentions d'embauche déclarées, 63 l'étaient pour un CDD de moins d'un mois, 22 pour un CDD de plus d'un mois contre 15 propositions de CDI, toutes tailles d'entreprises confondues. "Quand on sait la structure des emplois et la ségrégation du marché du travail entre les hommes et les femmes (en particulier dans la répartition CDD/CDI), nul doute que celles-ci vont en faire les frais", conclut Françoise Milewski.