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Vous pouvez faire évoluer votre carrière, à condition de connaître tous les dispositifs mis à votre disposition pour optimiser vos compétences!
Delphine Bancaud | Super-Secretaire | Publié le 28/09/2009
Construire sa stratégie professionnelle, développer ses compétences, évoluer au sein de l'entreprise, être reconnu sur le marché du travail... Ces préoccupations nécessitent l'utilisation d'outils de gestion de carrière: entretien d'évaluation, bilan de compétences, congé individuel de formation, validation des acquis professionnels, etc. Ces dispositifs vont vous permettre de repousser vos limites professionnelles et celles de votre métier.
Faire le point avec l'entretien d'évaluation
Très répandu dans les grandes entreprises, il commence à s'imposer dans les PME. Se déroulant en général au mois de décembre ou janvier, l'entretien d'évaluation s'effectue avec son supérieur hiérarchique. But de la manœuvre: "Établir le bilan de l'année écoulée, définir les objectifs futurs et faire le point sur les compétences de l'intéressé. C'est aussi l'occasion parfaite d'exprimer ses souhaits d'évolution ou ses besoins de formation", explique Thierry Laffaille, conseiller en formation au Centre d'étude et de formation de l'Est parisien (CEFEP).
Si votre manager ou votre hiérarchie n'organise pas d'entretien d'évaluation, à vous de le lui proposer! Pour que cette entrevue soit efficace, effectuez au préalable une autoévaluation. Vous adopterez une attitude critique vis-à-vis de vous-même et estimerez ce que vous souhaitez voir amélioré dans votre poste ou vos missions. Vous n'hésiterez pas à afficher clairement vos souhaits de changement et votre volonté d'évolution. "L'entretien ne doit pas servir à solder un conflit larvaire. Il doit évidemment être rétrospectif mais aussi prospectif, pour permettre de faire avancer positivement une carrière", souligne Thierry Laffaille.
S'évaluer grâce au bilan de compétences
Il s'agit d'un travail en profondeur sur soi, d'une "démarche centrée sur son propre parcours", ajoute Thierry Laffaille. Généralement effectué au cours d'une période de remise en question, le bilan de compétences permet de se remotiver dans son poste ou de prendre des décisions pour faire évoluer une situation inconfortable (formation, réorientation, changement d'entreprise ou de service...).
Si vous bénéficiez d'une activité salariée d'au moins cinq ans, dont douze mois dans votre entreprise, vous pouvez obtenir un congé-bilan, qui ne devra pas excéder vingt-quatre heures (réparties sur six demi-journées). Vous devez trouver un organisme prestataire et indiquer son nom à votre employeur en précisant la date du bilan, au moins soixante jours avant son début. Il est obligé d'accepter, mais peut le différer de six mois.
Le financement de votre bilan de compétences (comptez de 1 000 à 2 500 euros) peut être pris en charge par l'Opacif (Organisme paritaire collecteur agréé au titre du congé individuel de formation) ou le Fongecif (Fonds de gestion du congé individuel de formation) de votre région (pour les entreprises de moins de dix salariés). La demande de financement est présentée directement à l'organisme. Si le dossier est accepté, le bilan sera payé et votre salaire maintenu. Sollicitez également une prise en charge par la direction des ressources humaines de votre entreprise. "Cette démarche peut être autonome si la personne ne souhaite pas avertir son employeur. Le bilan sera alors réalisé en dehors des heures de travail et pourra pris en charge par l'Opacif ou le Fongecif", explique Thierry Laffaille.
Pour choisir votre organisme prestataire de bilan, adressez-vous à l'AFPA, à la Direction départementale de l'emploi et de la formation professionnelle ou consultez le site www.cibc.net. Vérifiez que l'organisme retenu est agréé par l'Opacif, renseignez-vous sur son ancienneté, l'expérience des consultants dans le domaine, les méthodes utilisées, les étapes prévues lors du bilan... Demandez une rencontre préliminaire avec votre futur conseiller: "Il est essentiel de se sentir à l'aise avec la personne et de la sentir à l'écoute", précise Thierry Laffaille.
La première phase du bilan consiste justement en un entretien gratuit avec le futur conseiller dans le but de définir sa démarche et de s'informer sur le déroulement des opérations. Dans un deuxième temps, la phase d'investigation vous plongera dans le vif du sujet: vous analyserez vos points forts et faibles, vos intérêts professionnels, vos attributions actuelles, vos souhaits d'évolution. Vous serez généralement soumis à des tests de personnalité, d'évaluation, voire à des entretiens collectifs. Enfin, lors de la phase de conclusion, vous tirerez les enseignements de votre bilan en construisant un projet professionnel. Vous recevrez aussi un document de synthèse rédigé par le conseiller. De cette prise de conscience émergera peut-être un potentiel caché, une modification de votre propre perception ou une meilleure acceptation de vos limites!
Étudier dans le cadre du Congé individuel de formation
Si votre bilan de compétences a révélé un besoin de formation, sachez qu'il existe des dispositifs adaptés. Le Cif (Congé individuel de formation) vous offre ainsi la possibilité de suivre un stage de gestion du temps, un BTS d'assistant de direction ou une licence d'anglais... durant votre temps de travail. Vous continuez à percevoir votre salaire et avez l'assurance de conserver votre poste. Les conditions: avoir cumulé une activité salariée d'au mois deux ans dont une dans votre entreprise actuelle si vous êtes en CDI; ou deux ans au cours des cinq dernières années, dont au moins quatre mois au cours des douze derniers mois, si vous êtes en CDD.
Le Cif est accordé pour une période maximale d'un an. Vous adressez la demande au moins 60 jours avant le début de la formation au responsable du recrutement ou à votre supérieur hiérarchique, selon les entreprises. Elle doit préciser le nom de l'organisme de formation et les dates de congé. Votre employeur ne peut pas refuser, mais peut différer l'acceptation de votre demande.
Pour obtenir le financement de votre Cif (coût très variable suivant le type de formation et la durée), il est nécessaire de déposer un dossier au Fongecif. Vous y ferez figurer l'intitulé de la formation choisie, votre niveau d'études et une lettre de motivation développant la cohérence de votre démarche. Si votre demande est acceptée, vous continuerez à percevoir entre 60 et 90 % de votre salaire et les frais de formation seront entièrement ou partiellement pris en charge.
Progresser avec la Validation des acquis de l'expérience
Pour obtenir un diplôme sans suivre de formation, faites valider vos acquis professionnels. Comment s'y prendre? Il faut justifier de trois années d'activité professionnelle dans le domaine visé. Vous devez ensuite vous rendre dans un centre de validation des acquis indiqué par le rectorat (pour préparer un diplôme professionnel de l'enseignement secondaire) ou dans le service de formation continue de l'université qui vous intéresse. Vous constiturez ensuite un dossier détaillant le diplôme visé, les épreuves dont vous souhaitez être dispensé et une description des activités professionnelles que vous avez exercées. Divers documents sont également nécessaires(feuilles de paie, certificats de travail...).
Vous pouvez également demander à être accompagné par un conseiller de l'établissement gérant votre VAE: "Cette aide est très précieuse car ce regard extérieur permet plus d'objectivité lorsque l'on analyse ses expériences antérieures", note Thierry Laffaille, conseiller en formation. Vous approfondirez l'ensemble à l'oral devant un jury qui décidera ou non de vous accorder les dispenses demandées.
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