Le gouvernement a annoncé une prochaine réforme du congé parental, dans le sens d'une réduction de sa durée, car il est considéré par certains comme un frein au retour à l'emploi des femmes. Quels conseils donneriez-vous aux parents pour que le congé parental ne soit pas un frein au retour à l'emploi et au développement des carrières féminines?
Je ne pense pas que ce soit la durée du congé parental actuellement fixée par la loi qui soit un frein au retour à l'emploi. Elle correspond à une réalité: trois ans, c'est l'âge où l'enfant entre à l'école et devient plus autonome. C'est la façon d'utiliser ce congé qui joue le plus en défaveur du retour à l'emploi des femmes. Se couper totalement de sa vie professionnelle pendant trois ans, six ans voir neuf ans pour les mamans qui enchaînent les congés à la naissance de chaque enfant est, incontestablement un frein à une carrière professionnelle. Avant de prendre un congé parental, il faut bien y penser. Un bon moyen de l'utiliser peut être simplement de réduire son activité ce qui permet de garder un pied dans son entreprise et dans la vie active tout en ayant davantage de temps à consacrer à ses enfants.
A l'occasion de la naissance d'un enfant, surtout quand c'est le second ou le troisième, les mères se posent presque systématiquement la question de l'aménagement de leur temps de travail : comment l'obtenir, comment le négocier?
L'aménagement du temps de travail n'est pas toujours un dû. Il dépend de nombreux facteurs: le type de poste que vous occupez, votre ancienneté dans l'entreprise, la possibilité ou non de déléguer votre travail, la taille de votre entreprise, les concessions que vous êtes prêtes à faire... Il se négocie avec votre employeur. Par exemple si vous souhaitez passer à temps partiel, ce sera à vous de le convaincre qu'il ne sera pas perdant en acceptant. C'est pourquoi, il faut bien préparer sa demande. Le Code du travail français présente une particularité en ce sens: il ouvre le droit aux parents d'aménager leurs horaires grâce au congé parental d'éducation. Il leur permet de réduire leur activité professionnelle pendant les trois premières années de leur enfant. Il ne peut être refusé par l'employeur si le salarié a au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise à la naissance de l'enfant.
Une enquête a révélé récemment que, plus que des aides financières, les parents attendent le développement de services: dans ce cadre, comment faire jouer son droit au CESU, et comment bien l'utiliser?
Lorsqu'on travaille, pouvoir bénéficier de services à son domicile, est, en effet un énorme avantage. Le CESU préfinancé par l'employeur est un moyen d'y accéder et de s'alléger des tâches domestiques. Il permet de régler différents services (garde des enfants, ménage, repassage...). Ces chèques peuvent vous être remis par votre entreprise (votre employeur ou le comité d'entreprise) mais aussi par un organisme de protection sociale (Caisse d'allocation familiale, mutuelle, assurance). Prenez contact avec votre entreprise ou un des ces organismes cofinanceurs. Les chèques sont nominatifs et d'un montant déjà fixé, par exemple, 15 euros.
Côté services, on évoque régulièrement la création de crèches d'entreprise, un nouvel avantage proposé aux salariés: est-ce vraiment facile aujourd'hui à mettre en place?
Les salariés sont souvent à l'initiative du projet. Mais sa mise en place exige une véritable volonté de la part de l'employeur qui doit avoir conscience des bénéfices qu'il en retirera en matière de productivité et d'efficacité de ses salariés. Aujourd'hui, plusieurs prestataires existent sur le marché et peuvent proposer des solutions adaptées à chaque entreprise. En outre, les aides financières offertes aux entreprises qui souhaitent proposer une crèche à leurs salariés sont très attractives. Mais il ne faut pas être dupe cela demande un investissement que l'on ne peut pas nier et qui rebute souvent les petites et moyennes entreprises.
On présente parfois le travail à domicile comme la panacée pour les femmes actives et un moyen idéal de concilier travail et vie professionnelle: mais est-ce une vraie solution?
Non, cela n'est pas l'unique solution et en tout cas pas nécessairement la meilleure solution. Travailler à domicile ne convient pas à toutes les personnalités mais aussi pas à toutes les activités. Cela exige une capacité de concentration et d'organisation qui n'est pas aussi facile que cela à acquérir notamment lorsque l'on a des enfants. Il faut, en outre, avoir suffisamment de place dans son logement pour pouvoir y réserver un lieu consacré au travail. Savoir tracer une frontière claire et nette entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle sachant qu'elles évoluent dans le même lieu peut devenir un casse tête!
Tout faire, tout en gardant le plaisir de faire les choses, au travail comme à la maison, est un objectif ambitieux. Comment faire? Comment s'organiser? Comment anticiper?
Tout d'abord, pour avoir du plaisir à l'ouvrage, il faut savoir apprécier ce que l'on fait. Prendre du recul après avoir accompli une tâche afin d'en apprécier le résultat. Question organisation, tout est une question de priorité. Que ce soit dans son travail ou dans sa vie privée, il est important d'arriver à déterminer ce qui est le plus important pour vous. Et cela est différent pour chacun de nous. Si certaines priorités sont incontournables (rendre un dossier à la date fixée, faire les courses pour nourrir sa famille...), d'autres dépendent des désirs et besoins propres à chaque individu (faire du sport, voir ses amis, passer du temps avec ses enfants, décrocher une promotion, obtenir une prime...)