Longtemps réservé aux personnes en situation d’échec ou contraintes de changer d’orientation, le Bilan de compétences a le vent en poupe. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il est indispensable pour faire une demande de CIF (Congé individuel de formation); mais également, et surtout, parce qu’il permet de prendre conscience de la richesse de vos savoir-faire, de mesurer votre valeur sur le marché ou d’identifier un nouveau projet professionnel. Quoi qu’il en soit, et même si un Bilan de compétences débouche rarement sur un virage professionnel à 90°, les réflexions qu’il entraîne sont toujours riches d’enseignement. Ce qui en fait un outil de développement indispensable pour prendre conscience de vos forces et/ou de vos faiblesses!
Qui peut en bénéficier?
Tout le monde a la possibilité de réaliser un Bilan de compétences: ouvriers, cadres, techniciens, demandeur d’emploi, travailleur indépendant (artisan, etc.)… et ce, sans condition de niveau scolaire, d’âge ou de statut. Encadré par la loi du 31 décembre 1991 (Article L. 900-2 du nouveau Code du travail), il ne peut pas être imposé, mais la demande peut émaner du bénéficiaire ou de son employeur.
Votre employeur vous invite à réaliser un Bilan de compétences
Le Bilan de compétences est demandé par l’employeur dans le cadre du Plan de formation et ne peut être réalisé qu’avec le consentement du salarié. Dans ce cas de figure, vous disposez alors d’un délai de dix jours pour vous décider. En cas d’accord, la prestation ne peut être réalisée qu’après la signature d’une convention tripartite établie entre vous-même (le salarié bénéficiaire), l’organisme prestataire et votre entreprise. Vos rendez-vous auront lieu pendant votre temps de travail, à raison de vingt-quatre heures d’absence maximum.
Vous êtes employé
Le bilan de compétences va être réalisé par un prestataire extérieur (organisme de formation, cabinet de recrutement, consultant indépendant). Il n’est donc pas gratuit. Au maximum, celui-ci coûtera 3 000 euros. Il vous faut donc chercher des solutions de financement.
• Le financement interviendra:
- soit avec l’aide de l’employeur. Dans ce cas, déposez auprès du service des ressources humaines une demande de Congé de bilan de compétences. Deux conditions préalables à son acceptation : justifier de cinq ans d’ancienneté, consécutifs ou non, en qualité de salarié, dont douze mois dans l’entreprise actuelle. Votre rémunération est maintenue pendant la durée du bilan. Elle est versée par l’employeur qui se fait rembourser par l’Opacif (Organisme paritaire agréé au titre du CIF) auprès duquel vous avez effectué votre demande préalable de bilan;
- soit, sans avertir votre employeur. Dans ce cas, le bilan se fera sur vos heures de temps libre (RTT, etc.), mais vous devrez adresser votre demande à l’OPCA dont dépend votre entreprise. La prise en charge sera assurée, en priorité, par le dispositif du Congé individuel de formation (CIF) et du Droit individuel à la formation (DIF). Aucune démarche n’est nécessaire auprès de votre employeur.
Vous êtes inscrits à l’ANPE ou à l’Apec
Demandeurs d’emploi cadres ou non peuvent accéder au dispositif Bilan de compétences approfondi (BCA) mis en place par l’ANPE et l’Apec. Dans les deux organismes, ce bilan est entièrement gratuit pour les demandeurs d’emplois. Seule condition: être inscrit depuis au moins six mois à l’ANPE. Le cahier des charges du BCA est simple: il s’agit d’une prestation de vingt heures étalée sur six semaines minimum comprenant une phase d’évaluation, une phase d’investigation et une phase de synthèse.
Pour faire votre demande, il vous suffit de vous adresser à votre conseiller ANPE ou Apec qui vous indiquera la liste des organismes habilités.
Autres situations professionnelles
Si vous ne correspondez pas aux profils décrits si dessus (vous êtes artisan, commerçant, travailleur indépendant…), contactez l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé) dont vous dépendez.
Comment se déroule un bilan?
Le bilan de compétences se déroule en trois phases (préliminaire, d’investigation, conclusion) qui répondent à des objectifs précis.
Des tests et entretiens
Le bilan de compétences a pour fonction principale de dégager des pistes d’action qui vous permettront de concrétiser un projet professionnel personnalisé. Il se déroule sous forme de tests d’auto-évaluation et d’entretiens durant lesquels vous allez mettre à plat vos connaissances (générales et professionnelles) et vos savoir-faire. Ce constat va vous permettre de faire le point sur vos objectifs de carrière et de développement, tout en vous faisant prendre conscience de vos potentialités. Le secret d’un bilan réussi? En être l’acteur! Ainsi, définissez bien au préalable les objectifs que vous attendez. C’est une question que vous posera de toute façon le consultant chargé de vous suivre.
Un consultant pour vous guider
Grâce à des rencontres successives avec un consultant, le bilan de compétences explore vos différentes facettes : expériences, connaissances, valeurs, motivations professionnelles, traits de caractères… Tous les consultants ne travaillent pas de la même façon. Certains privilégient les méthodes basées sur l’évaluation. D’autres feront plus appel à votre autonomie et se mettront plus dans une position de conseil et de guide.
Une durée d’un à deux mois
En moyenne, la durée d’un bilan peut s’étendre sur quatre à huit semaines, à raison d’un entretien variant d’une heure à une demi-journée selon le planning établi avec votre accompagnant. La démarche est rythmée par des entretiens périodiques avec un consultant. Mais elle comprend aussi des temps de travail personnel entre ces rencontres, des phases de recherche documentaire et de prise de contacts avec des professionnels et des organismes extérieurs.
L’après-bilan: rêve ou opportunité?
Privés et confidentiels, les entretiens et les résultats ne seront jamais communiqués à un tiers sans votre accord. Toutefois, ils vont vous permettre d’amorcer les changements que vous aurez identifiés. Mais vous seul serez maître de cette situation.
Accéder à une formation
Dans le cas d’une demande de CIF déposée auprès d’un OPCA, les membres de la commission d’attribution vont obligatoirement vérifier si les informations dégagées au cours du bilan sont en adéquation avec votre projet. Il sera donc important de veiller, en cours de bilan, à bien explorer les pistes susceptibles de valider votre projet.
Envisager un changement de poste
Difficile à 40 ans ou avec des enfants à charge de faire table rase de son passé professionnel. Il vous faudra souvent découvrir votre nouvelle expertise dans votre propre métier. Un début de connaissance peut suffire et il sera toujours possible de l’approfondir au travers d’un congé individuel de formation ou par le biais du DIF. Les nouvelles connaissances acquises peuvent servir de tremplin pour accéder à un poste plus spécialisé au sein de votre entreprise.
Etudier votre départ de l’entreprise
Si vous vous sentez bloqué chez votre employeur actuel, sans réelle possibilité d’évolution, il est peut-être temps de tenter votre chance ailleurs. Effectuer un bilan vous permettra en effet de prendre conscience de ce qui vous pèse dans votre emploi actuel et de découvrir ce à quoi vous aspirer désormais. Pour renouer avec votre métier d’origine ou démarcher des entreprises en rapport avec l’un de vos centres d’intérêts, vous serez désormais plus convaincant.
Anticiper une réorientation totale
Grâce au bilan de compétences, certains se découvrent aussi une vraie motivation pour tenter une tout autre orientation, à exercer en dehors du cadre du salariat, en temps que travailleur indépendant ou de créateur d’entreprise. Attention, toutefois, à bien peser le pour et le contre d’une réorientation aussi radicale…