Prendre de nouvelles responsabilitésPourquoi ne pas définir avec votre manager de nouveaux objectifs et la manière dont ceux-ci seront récompensés. Ces discussions ont souvent lieu lors de l’entretien annuel d’évaluation. Mais pas uniquement. Au cours de l’année, de nouveaux projets voient le jour, des collègues quittent la société… Autant d’opportunités à saisir pour se positionner… Veiller cependant à ce que tout soit bien cadré. Le salarié ne doit pas ressortir avec une vague promesse… "Il ne faut pas se laisser enfermer dans des objectifs trop précis car la conjoncture peut changer", met en évidence Daniel Porot. "La stratégie des petits cailloux que l’on sème peut être judicieuse. Mais il ne faut pas rester inerte ni hésiter à solliciter régulièrement son manager pour faire le point en n’oubliant pas de mettre en avant ses résultats", rappelle Silvana Frazzetta.
"Un manager ne peut pas refuser à un salarié qui a de très bons résultats et qu’il ne peut pas augmenter ce type de demande ! Certains sont même déconcertés", lance Daniel Porot. Vous pourrez donc tabler sur une progression de salaire future et, dans certains cas, décrocher une formation pour remplir votre nouvelle mission. Les entreprises ne sont fermées à ce type de négociation surtout si elles y voient un avantage. Et en cas de refus, le salarié peut également proposer des montages financiers, peu coûteux pour la société (voir encadré), pour retourner sur les bancs de l’école. Il peut aussi mettre ses RTT ou son DIF (Droit individuel de formation) dans la balance.
Changer de société?
"De nouvelles responsabilités ou une formation sont des éléments facilement valorisables, soit en interne soit, si le blocage persiste, en externe", insiste Daniel Porot, preuve à l’appui: "Un de mes clients qui n’avait pas eu d’augmentation de salaire pendant deux ans avait à chaque fois demandé en échange de cette stagnation de prendre des responsabilités. Au bout de la troisième année, il a mis à profit les compétences acquises pour obtenir une revalorisation de son salaire de 40 % en frappant à la porte d’une nouvelle entreprise."
Avis aux candidats : changer de société permet souvent de négocier plus avantageusement… à condition de choisir le bon moment pour prendre son envol. Un salarié dont le salaire et les responsabilités n’auraient pas augmenté pendant plusieurs années aurait du mal à convaincre ses éventuels futurs employeurs de sa valeur. Il est donc important de partir avant qu’il ne soit trop tard… "Avant de démissionner ou de négocier un licenciement, je conseille aux salariés de tester leur candidature sur le marché du travail. Cela leur permettra de mesurer ce qu’ils peuvent attendre d’un changement et éventuellement de s’appuyer sur ces données pour espérer réussir à décrocher l’augmentation demandée sans changer de société. Dans ce cas-là, il ne faut pas hésiter à sortir le grand jeu: expliquer que l’on a été approché mais que finalement on est prêt à rester moyennant un coup de pouce financier", observe le consultant. "Dans tous les cas, le salarié doit vraiment connaître la part de risques qu’il est prêt à assumer. Ce qui demande en définitive d’avoir bien réfléchi à son projet professionnel", conclut Silvana Frazzetta.
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