Enrichie de 45 % de questionnaires en plus par rapport à l'édition 2007, l'enquête 2008 autorise une analyse plus fine des rémunérations de la profession.
Un salaire moyen rassurant
Bien que 25 % des sondés perçoivent un salaire brut moyen annuel (SMBA) compris entre le SMIC et 20 000 €, le SMBA médian* de notre enquête s’élève à 22 759 € tandis que le SMBA des employés pointe à 24 051 € et celui des cadres à 35 355 €. Le SMBA calculé par l’Insee pour 2006 est respectivement de 21 494 € pour les employés et de 31 524 € pour les cadres intermédiaires; la profession tire donc plutôt bien son épingle du jeu.
Un match IDF/Outre-mer surprenant
S’il va de soi que le salaire moyen brut annuel de la région Ile-de-France (28 828 €) arrive en tête des rémunérations (36 615 € pour les cadres et 26 296 € pour les employés), la deuxième place revient aux départements et régions d’outre-mer avec un SMBA de 24 818 €e, suivis par la région Rhône-Alpes (24 118 €). Le top trois des régions les moins rémunératrices? Le Limousin (21 679 €), la Basse-Normandie (21 710 €) et la Corse (21 739 €). Soit un écart de 28,45 % entre l’Ile-de-France et la Corse, et de 11,94 % entre la région Rhône-Alpes et l’Île de beauté.
Des contrats-formations rémunérés au juste prix
Avec un salaire brut moyen annuel de 18 027 €, les personnes sous contrats de travail spécifiques (contrat de professionnalisation, d’apprentissage, d’insertion…) gagnent 17 % de plus que le Smic annuel brut (15 360 € en 2008). 61 % des personnes en contrat de professionnalisation et d’apprentissage ont entre 20 et 35 ans. Côté diplôme, 73 % d’entre elles sont titulaires d’un diplôme de type Bac+2 et 27 % d’un diplôme de type Bac+3. Pour les 36 à 55 ans, 71 % sont titulaires d’un baccalauréat. Ces chiffres traduisent un changement majeur des comportements (on se forme plus tard et pour d’autres raisons…) et les salaires peuvent, de facto, être négociés à l’embauche.
Une "sécurité d’emploi" qui se paie
Si l’on compare le salaire moyen brut annuel du secteur public (personnel rattaché à un service de l’État, du secteur hospitalier ou de la fonction territoriale) avec celui pratiqué dans le privé, il apparaît que ces derniers gagnent en moyenne 14 % de plus. Le SMBA dans le secteur public s’élève à 23 175 € et 26 473 € dans le privé (tous profils confondus). La sécurité a un coût puisque seulement 8 % des personnes déclarant percevoir une prime sont fonctionnaires.
Des écarts plus ou moins justifiés
Observés en détail et tous profils confondus, les salaires moyens bruts annuels par fonction et par âge (cf. le Classement des salaires et fonctions dans la suite de ce dossier) viennent confirmer certaines données:
• l’âge et le métier exercés ont une incidence sur les salaires. Ainsi, le SMBA d’une secrétaire classique (17 843 €) dont l’âge oscille entre 20 et 25 ans est deux fois inférieur à celui d’un office manager (41 179 €) de 46 à 55 ans;
• le "rajeunissement" de certains intitulés du poste entraîne d’importants écarts de salaire. À travail, diplôme et missions identiques, un(e) secrétaire-comptable gagne environ 5 % de moins qu’un(e) assistant(e)-comptable et qu’un(e) assistant(e) de gestion. Dans les métiers de l’accueil, l’écart est encore plus flagrant: le SMBA d’un(e) hôtesse (19 016 €) est de 19 % inférieur à celui d’un(e) standardiste (20 777 €);
• les chiffres 2008 confirment l’existence de "secteurs porteurs" déjà repérés lors des enquêtes 2006 et 2007. Avec un SMBA de 28 449 € (soit environ 9 % de plus que le SMBA de référence), les secteurs d’activité les plus rémunérateurs restent le duo banque-assurance, les nouvelles technologies, l’industrie, les transports et la logistique puis la communication et les médias;
• la reconnaissance (ou non) des responsabilités exercées au sein de l’entreprise a un impact mitigé sur les salaires. Un employé responsable officieux d’une équipe gagne ainsi 70 € de moins que son homologue officiellement reconnu. La validation de cette responsabilité doit aussi nécessairement s’accompagner d’un changement de statut. En effet, un employé responsable officieux d’une équipe gagne 41 % de moins (25 499 €) que son homologue cadre (35 976 €) et 47 % de moins que lorsque ces responsabilités sont reconnues officiellement (25 569 € pour les employés et 37 608 € pour les cadres).
De "forts" salaires à l’embauche
Tous secteurs d’activité confondus, le diplôme et l’âge (donc l’expertise métier) ainsi que la taille de l’entreprise vont à la fois modifier le SMBA et le statut du salarié dès la première année d’embauche.
• À âge égal (de 25 à 36 ans), une personne titulaire du baccalauréat gagnera 8,8 % de moins par an dans une PMI de 1 à 10 salariés que dans une entreprise de 250 salariés et plus (21 581 € pour le premier, 23 476 € pour le second). L’écart atteint 21,45 % lorsque les salariés sont titulaires d’un diplôme de type Bac+2 (20 609 € contre 25 030 €).
• L’expérience aidant (donc l’âge augmentant), les critères diplômes/taille de l’entreprise prennent encore plus d’importance avec l’apparition de besoins précis. Dans les entreprises de 250 salariés et plus, le SMBA des personnes au moins titulaires d’un Bac+5 s’élève à 42 990 € et correspond à l’embauche récente de personnels hautement spécialisés (office manager, business analyst manager, assistantes de direction bilingue…).
* 30 % des personnes ayant répondu à l’enquête gagnent entre 20 001 et 25 000 €.
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