Corinne Clauzier-Piera, assistante de direction chez Mentor Graphics, un éditeur de logiciels spécialisés en microélectronique, est une récidiviste: sa certification d'assistante confirmée en poche, elle est en train de réviser son anglais pour passer le TOEIC, une autre certification! "Ayant appris mon métier sur le tas, je souhaite valider mes acquis professionnels pour obtenir un BTS d'assistante et accéder au statut cadre", explique-t-elle. Certes, ses douze années de bons et loyaux services au sein de son entreprise jouent un rôle non négligeable pour décrocher le sésame convoité. Mais le fait d'avoir une certification reconnaissant sa maîtrise des différentes fonctions d'une assistante lui facilitera la tâche. De même, pouvoir mettre en avant un score de 750 au TOEIC serait aussi un argument précieux pour faire pencher la balance du bon côté.
Comme Corinne Clauzier-Piera, de nombreux salariés se tournent chaque année vers les certifications car elles correspondent à une attente des candidats comme des entreprises. Leur principal atout: leur caractère "opérationnel".
Les différents types de certifications
Ces certifications sont de deux ordres: les premières reconnaissent la maîtrise d'outils. Parmi les plus courues figurent celles proposées par des éditeurs de logiciels comme Microsoft qui reconnaissent la maîtrise de logiciels et de toutes leurs fonctionnalités. Jean-Renaud Daclin, chef de projet dans une agence marketing, vient ainsi de faire valider son expertise dans l'utilisation du logiciel Excel et envisage d'ici la fin de l'année de préparer une certification Word. "J'ai profité de l'installation de nouveaux ordinateurs dans mon entreprise pour me perfectionner. Dans tous les cas, cela me sera très utile si je veux changer de société. Nombre d'employeurs considèrent que c'est un plus", affirme-t-il. Sur le même principe, le TOEIC certifie un niveau d'anglais calculé à partir du nombre de points obtenus lors du passage de tests.
La seconde grande catégorie rassemble les certifications spécifiques à des métiers. Les premiers à avoir vu le jour sont les Certificats de qualification professionnelle (CQP) mis en place par les branches professionnelles. Syntec informatique a par exemple créé récemment une CQP administrateur réseau qui permet d'accompagner des salariés vers l'acquisition de compétences correspondant aux besoins du secteur. La FFP (Fédération de la formation professionnelle) a pour sa part développé il y a deux ans un certain nombre de certifications professionnelles qui ont un avantage non négligeable: elles ne sont pas, contrairement aux CQP, reconnues par une seule branche et permettent aux salariés de les faire valoir dans n'importe quelle entreprise et secteur d'activité. Beaucoup d'organismes de formation, à l'instar de la Cegos ou de Demos, proposent eux aussi des parcours certifiants. De la communication financière à la gestion d'un rayon en grande distribution en passant par le suivi des démarches qualité dans l'industrie ou la comptabilité, tous les métiers de l'entreprise sont couverts.
Comment les préparer?
La préparation des certifications centrées sur les outils ne nécessite pas le suivi d'une formation spécifique mais celle-ci est toutefois conseillée: "Il n'est pas évident de passer le TOEIC sans s'être entraîné. Cela permet de se familiariser avec le type de questions posées, de repérer le vocabulaire utilisé, d'acquérir des réflexes", note Corinne. "Sans avoir fait des exercices auparavant, je n'aurais jamais obtenu ma certification Microsoft. On apprend à mieux gérer son temps et donc à ne pas être trop stressé le jour de l'examen", mentionne pour sa part Jean-Renaud.
Les certifications orientées métiers supposent contrairement à celles axées sur les outils le suivi d'un programme précis. Chaque aspect de la fonction fait en général l'objet d'un module. Et l'examen final vient sanctionner le suivi et l'assimilation des connaissances délivrées.
Comment les financer?
Dans les deux cas se pose la question du financement du programme convoité. Si le passage des certifications s'inscrit dans le cadre d'un projet d'évolution professionnelle partagé par le salarié et son employeur, le candidat pourra bénéficier des actions du plan de formation de la société. "Outre mon désir d'utiliser mon TOEIC pour décrocher un BTS, améliorer mes connaissances en anglais en préparant cette certification intéressait aussi mon employeur qui a financé mon inscription au Wall Street Institut", explique Corinne.
S'il s'agit d'un projet à plus long terme, le salarié peut demander à utiliser son DIF. "J'ai ainsi mobilisé mes droits pour suivre un programme débouchant sur la certification d'assistante confirmée. Cette formation était composée de quatre modules de deux à trois jours répartis sur une année, soit une dizaine de jours au total. J'ai ainsi géré mes absences sans trop de difficultés", ajoute Corinne. Jean-Renaud a aussi demandé à utiliser son DIF pour suivre une formation de 20 heures avant sa certification Microsoft. "J'ai opté pour la formation en ligne. Cela permet d'étudier le soir à son rythme et ne perturbe pas son emploi du temps. Un argument qui a fait mouche auprès de ma société", souligne l'intéressé.
Quelques organismes proposent également des formules, généralement en ligne, à un coût accessible sur les particuliers. C'est notamment le cas d'ENI pour les certifications Microsoft ou de Télélangue pour le TOEIC. Encore moins onéreux: l'achat d'ouvrages vendus en librairies avec des exercices et des corrigés. Avis aux candidats...