Plus l'heure tourne, plus votre angoisse augmente... Vous vous apprêtez à rejoindre une nouvelle entreprise ou équipe et un véritable challenge vous attend. Tout vous attire dans cette fonction: le secteur d'activité, les missions, les hommes... et tout vous effraie. Certes, vous maîtrisez les savoir-faire indispensables, mais des zones d'ombres subsistent. Serez-vous à la hauteur? Découvrez comment vos cinq sens peuvent contribuer à votre réussite.
Voir, observer... et analyser
Toute initiation débute par une découverte de l'environnement. Mais combien de personnes prennent suffisamment de recul avant d'agir quand elles arrivent dans une entreprise? Combien se contentent de continuer les process existants sans vérifier s'ils correspondent à un réel besoin?
"Oui mais si je critique, je m'expose à des risques" (agacer mon entourage, blesser la personne à l'origine du process remis en cause...), allez-vous argumenter. Votre remarque est judicieuse. C'est pourquoi il est indispensable de redonner au terme "critique" ses lettres de noblesse. Limiter votre analyse aux seuls points faibles, sans voir ni souligner les points forts s'apparente à du sabotage. Pour être efficace, toute observation doit partir de l'analyse "quels bénéfices directs le process apporte-t-il à l'entreprise et aux utilisateurs?" avant de se concentrer sur ses défauts pour suggérer et/ou mettre en place des pistes d'amélioration.
À défaut de cette analyse, une critique exclusivement négative peut effectivement entraîner des réactions contre-productives. Vos interlocuteurs du moment pourront, alors, se retrancher derrière une pétition de principe: "c'est comme ça et ça a toujours été ainsi, donc c'est bien. Face à un conservatisme fort, consignez vos "étonnements" sur un carnet pour proposer, dans un avenir plus ou moins proche, des aménagements et ne pas affronter d'emblée vos interlocuteurs. La peur du changement est un frein majeur. Même si vous avez raison, un affrontement direct pourrait ancrer l'incident dans l'esprit de vos partenaires et ternir vos futures relations.
Inversement, toute critique constructive et objective peut contribuer à imposer vos savoir-faire. Elle peut même, en substance, faire partie des attentes de votre N+1 et constituer un point déterminant dans sa liste de compétences à observer tout au long de votre période d'essai. Dès lors, et pour apporter une véritable valeur ajoutée à votre analyse et à vos suggestions, il vous appartiendra de vérifier les attentes exprimées ou non par votre hiérarchie.
Entendre, comprendre... et reformuler
Toujours en imaginant le cas d'un process dont vous aurez perçu les limites, comment agir quand on a mesuré l'intérêt et les bénéfices du changement pour l'entreprise?
Tout process mis en place dans une entreprise "raconte une histoire". Institué à une date donnée, pour répondre à un besoin précis. Mais qui se souvient encore de son historique? qui pourra vous dire les raisons de sa conception? qui en reconnaît l'utilité actuelle? Consultez votre entourage, posez des questions clés sans apporter de réponse, écoutez les arguments avancés et notez-les sans parti pris.
Une fois les données collectées, un tri et une analyse s'imposeront de facto. Tout ne sera pas utile, loin de là! Attendez-vous, au mieux, à retenir 10 % d'informations pertinentes. Parmi ces 10 %, notez que seulement 20 % des facteurs expliqueront 80 % des résultats. Pour isoler les facteurs gagnants, il vous faudra reformuler ce que vous aurez compris et vérifier les attentes des personnes concernées. Ensuite, fixez-vous (seul ou avec le donneur d'ordre) un ou des objectifs à atteindre (ex.: diminuer l'encours clients ou certains frais généraux, réviser x procédures par semaine pour les actualiser si nécessaire, etc.)
Sentir, sonder... et estimer
Autre difficulté, et non la moindre: s'intégrer à l'équipe. Composer avec les autres, devenir indispensable sans être trop présent... Vaste défi!
L'un des risques auquel on s'expose en observant et en écoutant les membres d'un groupe consiste à suivre le mouvement sans s'en apercevoir. Prenez le temps d'établir votre propre jugement sur les membres de l'équipe, observez les amitiés, les inimitiés, ressentez les tensions. Vous pourrez ainsi plus facilement faire la part des choses. Idéalement, adoptez d'emblée une attitude ouverte. La bienveillance à l'égard de tous est une valeur sûre. À vous de savoir détecter les qualités de chacun pour vous sentir à l'aise avec tout le monde.
Sur le même chapitre, fixez vos propres limites et règles. Suivre les habitudes culturelles de l'entreprise (arriver plus tôt, partir plus tard, accepter de travailler le week-end) est une chose; devenir esclave d'habitudes qui ne vous correspondent pas en est une autre. D'autant que là encore, rien n'indique que ces habitudes affichées sont capitales aux yeux de vos supérieurs. L'idéal sera de composer entre trop et trop peu et de vous adapter à chaque situation après avoir senti l'importance des enjeux en lice.
Toucher, utiliser... ou déléguer
S'il est évident que la conduite de vos missions ira de paire avec l'utilisation et la maîtrise d'outils de travail (machine, logiciels, documents et procédures...), ne foncez pas tête baissée!
Quelles que soient vos compétences métier, la gestion du temps est un critère déterminant pour une entreprise. Loin d'être un effet de mode, cette aptitude cumule en réalité une multitude de savoirs: évaluer le temps nécessaire, s'organiser, dire non, déléguer ou négocier, gérer les imprévus...
Dès lors, trop bien faire ou trop en faire, tout de suite et sans réfléchir, pourrait vous nuire. Vous devrez ainsi vous concentrer en premier lieu autour de l'analyse des missions à effectuer pour ensuite les hiérarchiser en suivant les conseils d'Einsehower. A savoir, détermine ce qui est: Important & Urgent, Important & Non urgent, Non important & Urgent, et, Non important & Non urgent. Pour plus d'efficacité, il vous faudra parallèlement évaluer et fixer un temps maximal pour accomplir chaque tâche et l'inscrire sur votre agenda (ou créer une Tâche sur Outlook). Bien entendu, vous veillerez à conserver chaque jour une plage de temps suffisante pour gérer les imprévus, que vous pourrez traiter immédiatement ou planifier pour le lendemain ou une date ultérieure. Si vous êtes déjà un as de la maîtrise du temps, n'oubliez pas que plusieurs données vous feront défaut dans un nouvel environnement (méconnaissance des enjeux et des personnes). Un temps d'adaptation sera donc nécessaire pour faire comprendre à votre entourage les bénéfices que l'entreprise pourra tirer de votre rigueur.
Goûter... est-ce possible?
Quant au goût, connaissez-vous le proverbe "ce que le paysan ne connaît pas, il n'en mange pas"? Ne suivez pas ce principe! À compétences égales, un manager misera plus facilement sur une personne possédant un fort esprit d'ouverture. Se cloisonner dans ses choix, refuser toute créativité, s'enfermer dans ses habitudes, c'est limiter son champ d'action. Certes, toutes les missions ne seront pas à votre goût, mais avant de dire: "j'aime" ou "je n'aime pas, offrez-vous la possibilité d'en apprécier la saveur. Parfois, le goût de l'effort consenti ou votre attitude pour surpasser votre première réaction suffiront à démontrer votre capacité à vous adapter à toute situation. Et tout bien considéré, n'est-ce pas prouver ainsi que vous êtes à la hauteur?
Sur le même sujet:
Savoir s'imposer dans une nouvelle équipe
Comment prendre de bonnes décisions?
10 trucs pour développer votre assertivité
Adoptez l'état d'esprit "réseau"
Les secrets de longévité d'un binôme au sommet