Qu'elle anime une formation ou qu'elle y assiste, soucieuse de se perfectionner sans cesse, Elisabeth Durand-Mirtain, la cinquantaine pétillante, met toujours un point d'honneur à être élégante: jupe noire, étole de couleur framboise assortie aux ballerines et au rouge à lèvres. La présentation a autant d'importance que le relationnel, pour cette ancienne assistante qui a su tirer profit de son expérience professionnelle. Élisabeth met désormais son expertise au service des autres.
"J'ai appris sur le tas les rudiments du métier"
"J'ai toujours voulu faire un métier qui me fasse voyager", explique Élisabeth, qui se voyait interprète. Mais après un Deug de langues, elle se lance sur le marché du travail. "J'ai frappé à la porte d'une agence d'Intérim et on m'a proposé un poste de secrétaire. Je n'y connaissais rien. J'ai appris sur le tas les rudiments du métier. On n'avait pas encore d'ordinateurs: c'était l'époque des télex", sourit-elle.
Quand son conjoint est muté à Toulouse, quelques années après, elle trouve un poste de secrétaire de direction à la Lyonnaise des Eaux. "On était peu au début. Je m'occupais de tout: accueil, trésorerie, comptabilité, gestion de personnel... Quand le service s'est agrandi, je me suis spécialisée comme secrétaire de direction et gestionnaire des ressources humaines. Je m'y voyais jusqu'à la retraite, mais l'entreprise a été restructurée."
"Trop âgée pour retrouver un travail d'assistante"
À quarante ans, Élisabeth s'entend dire qu'elle est "trop âgée pour retrouver un travail d'assistante". Elle met à profit dix-huit mois de chômage en suivant des formations aux ressources humaines et en travaillant en Intérim. "Cela m'a permis de toucher à tout, avant de décrocher un poste d'assistante en ressources humaines chez Kodak: ma plus belle expérience en entreprise".
Son manager était plus jeune qu'elle. "Il avait cette capacité à me laisser prendre des initiatives". Reconnue pour ses compétences, bien payée, autonome, Élisabeth passe néanmoins son BTS d'assistant de direction en VAP (validation des acquis professionnels, équivalent de la VAE - validation des acquis de l'expérience): envie d'apprendre et de se sentir légitime. Puis l'entreprise connaît la crise et c'est le licenciement économique. "J'étais à un tournant de ma vie professionnelle. Je me suis demandée ce que j'allais faire, si j'allais retrouver un travail intéressant..."
"Le hasard, le bouche à oreille, le réseau a bien fonctionné pour moi"
Le hasard fait bien les choses: en 1998, lors d'une conférence de l'Euma (European Management Assistants), Élisabeth rencontre un responsable de la Cegos, leader européen de la formation professionnelle, qui lui propose d'intégrer son équipe. Élisabeth commence à animer des stages et des formations pour les assistantes. "Le hasard, le bouche à oreille, le réseau... Cela a toujours bien fonctionné pour moi", se félicite-t-elle.
Élisabeth se met à son compte deux ans plus tard. "Au début, je proposais exclusivement des formations pour les assistantes et peu à peu je me suis ouvert à d'autres sujets touchant un public plus large: ressources humaines, communication, développement personnel...".
Parallèlement à ses activités de formatrice indépendante, Élisabeth est responsable des relations publiques de l'association Euma et développe également une entreprise d'assistants privés, Officéo (www.officeo.fr). Débordée, Élisabeth a embauché une assistante en télétravail et réalisé son rêve de jeune femme: elle voyage partout en Europe pour dispenser ses formations!