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Quitter l'entreprise

Vos démarches se sont soldées par un échec, et vous devez vous résoudre à quitter l’entreprise. Pour gagner la sortie, plusieurs pistes peuvent être suivies.

Jean-Christophe Poirot | Super-RH | Publié le 13/03/2009

Obtenir un CIF

Le congé individuel de formation (ouvert à toute personne justifiant de 24 mois de salariat dont 12 dans l'entreprise) permet de partir se former (pour un an maximum) pour accéder à un niveau supérieur de qualification ou changer de profession, tout en conservant au minimum 80% de son salaire. Son intérêt est de vous inscrire dans une dynamique porteuse, tout en vous éloignant temporairement de votre environnement professionnel, sans rompre votre contrat de travail.

 

Se faire déclarer inapte

La médecine du travail peut constater, qu'en raison de votre état de santé, vous êtes dans l'impossibilité d'occuper votre poste ou tout autre poste au sein de l'entreprise. Cet avis d'inaptitude obligera votre employeur à vous licencier dans un délai d'un mois. Vous pourrez alors prétendre à des indemnités Assédic et rechercher un autre emploi. L'inaptitude ne vaut en effet que pour l'entreprise concernée et n'a aucune répercussion sur les emplois futurs.

 

Démissionner

La démission est le plus souvent synonyme de perte de droits. Certaines démissions sont néanmoins reconnues légitimes par les Assédic qui accordent alors le bénéfice d'allocations chômage. C'est le cas d'une victime de harcèlement sexuel lorsqu'elle a porté plainte contre son employeur auprès du procureur de la République. Dans les autres cas - que vous ayez démissionné de votre propre initiative ou sous la pression de votre employeur -, il vous faudra saisir le conseil de prud'hommes pour faire requalifier votre démission en licenciement. Le juge vous donnera raison à condition d'établir que la démis-sion est consécutive aux pressions de votre employeur ou qu'elle résulte d'une situation de travail dont il était averti. Il est donc conseillé d'adresser à votre employeur une lettre recommandée (avec AR) précisant les circonstances qui ont conduit à la démission, avant d'engager les poursuites.

 

Négocier une transaction

 

Celle-ci consiste à fixer dans un contrat les conditions de votre départ: en contrepartie d'une indemnité, vous vous engagez à ne pas saisir les tribunaux. Cette procédure peut s'avérer complexe et vous prive de tout recours judiciaire ultérieur. Il est donc recommandé de solliciter l'aide d'un avocat pour négocier au mieux les termes de la transaction.

 

Faire résilier le contrat de travail

Vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes pour qu'il prononce la rupture de votre contrat de travail au tort exclusif de l'employeur. Vous bénéficierez des Assédic, de l'indemnité contractuelle de licenciement et obtiendrez des dommages et intérêts pour licenciement sans cause. Pendant cette procédure, vous devrez poursuivre votre activité. Si la tension dans l'entreprise devient intenable, il est préférable de vous faire prescrire un arrêt maladie. Du reste, en cas d'urgence, il est recommandé de saisir le tribunal en référé. Cette procédure accélère la réponse judiciaire.

 


Obtenir réparation

Les recours exercés devant le conseil de prud'hommes permettent de faire condamner l'employeur à verser des dommages et intérêts pour le préjudice moral subi. Dans les situations extrêmes, il est également possible de poursuivre l'auteur du harcèlement devant le tribunal correctionnel pour le faire condamner personnellement. La victime est alors reconue comme telle et sa "reconstruction psychique" est facilitée. Enfin, chaque condamnation est une menace pour les harceleurs actifs et potentiels, autant qu'une invite aux victimes muettes de passer à l'offensive.

 

Le harcèlement: un coût économique

Le harcèlement au travail revient cher aux entreprises. L'absentéisme qui en découle a pour corollaire la désorganisation des services et le recours au travail temporaire de remplacement (un salarié harcelé coûte à son employeur entre 18 000 et 50 000 euros par an).* Une baisse de la productivité et de la qualité est également observable chez la victime et ses collègues, gagnés par un sentiment d'insécurité.

 

En outre, toute situation de harcèlement connue porte atteinte à la réputation de l'entreprise et engendre un déficit d'image qui se répercute sur son activité. C'est, du reste, toute la société qui en supporte les conséquences (frais de traitements médicaux, arrêts de travail, retraite anticipée...). On estime ainsi que le harcèlement cause, au Royaume-Uni, la perte de 13 à 20 millions de jours de travail par an et qu'il coûte annuellement à l'Allemagne entre 15 et 50 milliards d'euros.

 

Et que dire de l'image même du travail, quand les d'économistes considèrent que le bien-être professionnel participe de la santé économique de tout un pays...

 

* Source: Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de travail.

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