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Bien rédiger
Si chacun de nous peut corriger sans peine la célèbre réplique de Petit-Gibus dans l'adaptation cinématographique de La guerre des boutons : "si j'aurais su, j'aurai pas v'nu" ; la construction de certaines phrases conditionnelles cache des pièges plus subtils.
Agnès Taupin | Publié le 27/12/2011
La règle à appliquer
Utilisée pour marquer une hypothèse, éventualité ou condition, la conjonction « si » nuance vos propos.
Pour signaler une hypothèse, utilisez la structure « si + imparfait + conditionnel présent ».
"Si vous envisagiez l'achat de matériels plus performants, nous pourrions vous adresser d'autres propositions."
"Nos marges augmenteraient si nous diminuions radicalement nos charges indirectes."
Pour exprimer une éventualité ou une semi certitude, utilisez la structure « si + présent de l'indicatif + futur simple / présent de l'indicatif / impératif ».
"Si vous signez ce contrat, nous sabrerons le champagne !"
"Si vous le souhaitez, vous pouvez rester ici."
"Si vous désirez obtenir des informations complémentaires, appelez-nous au ..."
Pour évoquer un regret, utilisez la structure « si + plus-que-parfait + conditionnel passé ».
"Si j'avais eu connaissance de ses enjeux, j'aurais assisté à cette réunion."
"Si la conjoncture avait été différente, l'entreprise aurait gagné de nouvelles parts de marché."
Les exceptions à connaître
Même si la conjonction « si » n'admet généralement pas le futur et le conditionnel, il convient de les utiliser dans deux cas précis.
Après les verbes tels que savoir, se demander, ignorer...
"Nous ne savons pas s'il assistera à ce colloque."
"J'ignore s'il sera présent."
"Nous nous demandions tous si vous viendriez / s'il assisterait à la réunion."
"Si vous l'ignoriez, le contrat initial prévoyait une clause spécifique pour vous prémunir contre ce risque."
Lorsqu'il y a opposition ou concession
"Si nous ne saurions prévoir la décision du Conseil d'administration, nous savons fort bien que la plupart des associés se rangeront à l'avis du président-directeur général."
"Si personne n'oserait valider et signer cet accord, nous sommes pourtant conscients des enjeux qu'il représente."
"Si on aurait tort de refuser d'emblée cette proposition, il convient de bien y réfléchir avant de s'engager."
Même s'il est courant de lire "si il est admis que..." dans les comptes rendus juridiques, le "i" de la conjonction "si" doit être élidé !
Ainsi, toute construction de type "si il" s'écrit "s'il" !