Le téléphone raccroché, vous respirez enfin: votre CV a retenu l'attention d'un employeur et un rendez-vous a été fixé pour un entretien. Cependant, vous n'êtes pas encore au bout de vos peines! Connaître au préalable quelques grandes règles et les nouvelles tendances n'est pas un luxe. Cela permet de mieux se préparer et d'arriver dans les meilleures conditions possibles pour défendre sa candidature face à un recruteur qui cherche, lui, à trouver une adéquation entre un profil et un poste. Son obsession: limiter les marges d'erreurs. Une volonté qui conduit les entreprises à prendre un grand nombre de garanties.
Assessments centers: mettez-vous en situation
Dans la catégorie des nouveaux tests, les assessments centers sont assurément une valeur à la hausse. Un tiers des cabinets de recrutement les pratique occasionnellement, principalement pour les postes de management ou de commerciaux. "Il s'agit d'évaluer à partir d'une mise en situation la capacité des candidats à occuper le poste proposé", explique Laurent Dubos, responsable du département gestion de carrière du cabinet RH Partners qui pratique régulièrement ce type de test pour ses clients. Le test consiste à comparer le comportement du candidat avec les attentes de l'entreprise. La difficulté: dans bien des cas, il n'y a pas qu'une seule réponse possible. Exemple: pour vendre à des clients une paire de lunettes, on peut axer son argumentation sur la qualité du produit, sur son originalité ou encore sur son prix. "Un candidat peut être créatif, un autre plus pragmatique. Des styles apparaissent. Nous sélectionnons les candidats les plus en phase avec les attentes de notre client", souligne Michel Guillanneuf, directeur de Duvergey-Guillaneuf associés, un des spécialistes de ces techniques.
Il est très difficile de se préparer à ce type d'exercice portant sur des connaissances de terrain impossibles à inventer si on ne les a pas vécues. "Le principal conseil: rester soi-même", avance Laurent Dubos, qui précise pour les anxieux: "Ce test sera ensuite complété par un entretien plus classique, la décision finale s'appuyant sur les deux".
Entretiens: attention aux techniques de déstabilisation
Plus déstabilisant encore: l'interruption volontaire des entretiens. Catherine, candidate pour un poste de journaliste dans une agence de presse, en a fait l'expérience. La personne en face d'elle n'arrêtait pas d'être dérangée soit par téléphone, soit par un de ses collègues évoquant une raison urgente. "Il est très difficile de se concentrer et de garder son calme dans une telle situation, raconte-t-elle. On perd le fil de son argumentaire." Cette déstabilisation est recherchée par le recruteur. Cette méthode vise à mesurer le comportement du candidat: sa capacité à reprendre le cours de la conversation, à ne pas être trop angoissé, à s'adapter à des situations changeantes... Dans la série des entretiens mouvementés, il faut d'ailleurs s'attendre à tout. "Une des personnes que j'accompagne dans son évolution professionnelle m'a raconté qu'un recruteur s'est mis soudain à le tutoyer pendant l'entretien, créant ainsi une gêne volontaire", raconte Isabelle d'Humières, coach en gestion de carrière. Autre tactique, attendre votre réaction après un incident soi-disant spontané. À ce sujet, Juliette Cornu se souvient d'un entretien collectif où, par hasard, un employé a renversé une tasse de café sur le bureau du recruteur: "L'employé est resté pétrifié et son responsable le molestait. Comme personne ne bougeait, j'ai pris des mouchoirs en papier, je me suis levée sans un mot et j'ai épongé le liquide avant de me rasseoir". Qui fut engagé? Juliette. À diplôme et compétences égales, elle avait juste fait ce qu'il fallait, au moment où il le fallait.
Tests bilingues: soyez prêt
Dans un contexte d'internationalisation des entreprises, de plus en plus d'employeurs demandent également aux candidats de parler des langues étrangères et notamment l'anglais. La plupart ne se contentent pas d'une indication ni même d'un score au TOEIC mais cherchent au cours de l'entretien à mesurer la véracité des informations. Sans crier gare, l'entretien se poursuit tout à coup en anglais... Mieux vaut donc anticiper cette situation en révisant ses basiques: l'écoute de la BBC ou de films en version originale peut par exemple vous permettre de travailler la compréhension. Ensuite, entraînez-vous à vous présenter de manière claire, précise et concise. Pour éviter de se perdre dans les détails, mieux vaut d'abord écrire son texte, puis essayer de le raccourcir le plus possible et enfin le lire à voix haute en se chronométrant. Deuxième étape: recenser les questions qui reviennent souvent, en s'aidant le cas échéant d'un guide sur les entretiens de recrutement ou en faisant une recherche sur le Web. La technique utilisée est la même que pour la présentation: être le plus simple possible. "Ce qui n'est pas toujours facile pour des Français qui se perdent dans des phrases trop compliquées. Si vous êtes face à des Anglais ou des Américains, il faut mettre en avant vos réussites par des exemples, insister sur le travail en équipe. Il faut être positif", insiste Michèle Batany-Varoqui, coach et fondatrice du cabinet Vivre et guider qui organise des préparations aux entretiens en anglais. Et maintenant à vous de jouer!
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